SEDDITA
Risques n° 69
Parution : mars 2007
PRESENTATION
L'ensemble des économistes considèrent que l'éducation, la production et la diffusion des connaissances jouent un rôle majeur dans le rythme de croissance obtenu par un pays.
Dans le cas du nôtre, le consensus s'accorde à relier la faiblesse de notre croissance aux difficultés de notre système d'enseignement supérieur et de recherche.
Une réponse s'impose donc à tous : nous aligner, dans ces domaines, sur les standards internationaux. Et c'est ainsi que l'on a vu fleurir de multiples projets de rapprochement entre entreprises, écoles et universités ayant en commun l'objectif de développer des compétences spécifiques de haut niveau.
Dans ce bouillonnement de bon aloi, un projet apparaît particulièrement fort : celui de la Fondation du risque, dont nous décrivons dans ce numéro les différentes composantes et tous les développements que les différentes chaires vont connaître. Mais là n'est peut-être pas l'essentiel de son apport.
La caractéristique première de ce rassemblement unique d'assureurs, de banquiers et de grandes institutions académiques, c'est d'être l'illustration d'une construction intellectuelle, patiente car venue de loin. En effet, l'origine de tout cela est la création, sous l'impulsion de Denis Kessler, il y a quinze ans, des chaires de la FFSA. L'idée était, d'emblée, de remettre le risque au coeur de la réflexion économique et sociale de notre pays.
Ces chaires ont prospéré tant à Toulouse qu'à Nanterre ou à Paris, multipliant colloques, articles, livres, et permettant ainsi le développement d'une véritable approche française de ces thèmes. La revue Risques a évidemment bénéficié de ces créations, mais surtout, c'est sur ces bases-là que s'est construite cette fondation si novatrice dans sa conception et si utile pour l'ensemble de la rénovation de notre université.
C'est dans le même souci de rigueur intellectuelle et de construction d'une démarche rationnelle que le dossier « Risques et solutions » aborde un sujet bien délicat et formidablement controversé, celui du climat et de l'environnement.
Bien entendu, les assureurs sont en première ligne sur ce sujet, tout simplement parce qu'il s'agit d'un risque potentiellement majeur et sur lequel nous aurons à trouver des solutions permettant de garantir la pérennité de la croissance. Mais il nous fallait mettre en lumière des appréciations divergentes, des points de vue assez différents sur l'ampleur des mouvements climatiques et leurs conséquences.
C'est ce que nous avons fait, en reprenant d'ailleurs pour partie les interventions qui ont eu lieu lors des séances plénières des Entretiens de l'assurance.
Les débats sont ouverts et ne sont pas près de s'interrompre.
Là également, la revue Risques a joué son rôle de mise en lumière des difficultés analytiques et surtout du très grand besoin de réflexions et de recherches.