SEDDITA
Risques n° 70
Parution : juillet 2007
PRESENTATION
L'assurance a souffert - de manière injuste et cela longtemps - d'un déficit d'image notamment par rapport à la banque. Bien entendu, tout cela a commencé à changer. Dans cette perspective, l'innovation dans l'assurance peut jouer un rôle majeur en permettant d'accélérer cette mutation. Pourquoi ? Parce qu'elle est centrale dans le discours sur la modernité, sur la société de services telle qu'elle s'impose à l'échelle mondiale, et donc sur la qualité de la relation clientèle.
En fait, la réflexion sur l'innovation est la figure imposée chez les économistes depuis deux siècles. Elle a nourri les débats sur ses relations avec l'emploi tout au long du X1Xè siècle et a trouvé une sorte de point d'aboutissement, au milieu du siècle dernier, avec la mise en lumière schumpetérienne. Aujourd'hui, cette réflexion est la variable première d'un monde qui change totalement puisque ses effets bénéfiques ne sont plus réservés à un groupe de pays riches. Elle est désormais au coeur de la croissance de tous.
Dans cette période bénie de croissance mondiale que nous connaissons aujourd'hui, il est vrai que l'on n'associe pas immédiatement progrès scientifique et technologique à l'assurance. Et pourtant, l'assurance est à la fois le produit de multiples innovations et, également, productive elle-même de progrès techniques. C'est ce que ce numéro de Risques met en exergue.
Pour cela, la partie « Analyses et débats » est entièrement dédiée aux bouleversements techniques de notre secteur d'activité. Bien entendu, on est loin d'avoir présenté l'ensemble des produits et services qui, aujourd'hui, structurent ces marchés à l'échelle mondiale mais, quand même, on a pu à juste titre parler de véritable ébullition. Il nous a semblé que, au-delà de cette approche produit, celle qui impulse la première dans la transformation de l'assurance, il fallait évoquer aussi ce qui ressort de l'organisation des entreprises du secteur et des nouvelles formes de distribution qu'elles mettent en oeuvre. L'une et l'autre sont au coeur même de l'économie du XXIè siècle. Nul ne pouvait mieux illustrer la formidable tendance à optimiser les structures d'offre des entreprises françaises que le président de l'Unocam (Union nationale des organismes d'assurance complémentaire), parce que cette union regroupe la plupart des entreprises qui fournissent des assurances complémentaires maladie. Et puis, Risques se penche également sur les bouleversements dans la distribution, et notamment sur l'impact qu'aura la directive européenne sur les marchés d'instruments financiers (MIF) dans ces métiers déjà si concurrentiels. En définitive, peu de domaines d'activité humaine sont aussi porteurs d'excellence et de volonté d'évolution. Nous avons essayé d'en rendre compte.